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Fashion Month printemps-été 2027 : la mode a cessé de crier

13 oct.
3 min de lecture

Quatre villes. Un mois. Des centaines de silhouettes. Et, au bout du compte, une seule question : qu'est-ce qui restera ?

Le Fashion Month printemps-été 2027 s'est refermé à Paris le 6 octobre. Pas de grande révolution. Quelque chose de plus subtil, et de plus intéressant : la mode a cessé de crier pour recommencer à raconter. Des archives, des mains, des matières. Et une liberté nouvelle : celle de s'habiller selon soi.

New York : la couleur franche et l'héritage

New York a ouvert le bal avec des couleurs primaires, des culottes amples et de fines écharpes tout droit sorties des années 2000. Mais le vrai sujet était ailleurs. Rachel Scott signait sa deuxième collection pour Proenza Schouler, entre construction rigoureuse et liberté. Lafayette 148 cousait un patchwork inspiré d'un quilt familial. Héritage, artisanat, mémoire : les mots du mois étaient posés dès la première escale.

Londres : l'inachevé comme signature

Ourlets laissés bruts chez Ashley Williams. Broderies en relief chez Erdem. Matières mêlées chez Chopova Lowena. Londres a rappelé ce qu'elle fait de mieux : oser l'imparfait, et le rendre désirable. Même le tablier de cuisine s'est invité sur les podiums, aux côtés des ras-de-cou et des petits boléros.

Milan : la douceur qui prend de la place

Rose ballerine chez Blumarine et Jil Sander. Plumes, carreaux printaniers, hanches volontairement exagérées. Milan a joué une féminité qui ne demande plus la permission. Nous avons raconté la semaine milanaise, de Prada à Armani, dans notre carnet « Milan, la jupe et le vertige ».

Paris : l'or, le froissé et les archives

Du 28 septembre au 6 octobre, Paris a aligné 68 défilés et 34 présentations. Et quelques images qui resteront.

Saint Laurent. Pour ses dix ans à la tête de la maison, Anthony Vaccarello a tout couvert d'or, sous d'immenses lustres, la tour Eiffel en toile de fond. Puis un final en noir, mené par Anja Rubik : l'exact contraire du final tout en or d'Yves Saint Laurent en 1991. Certains y ont lu un adieu.

Chanel. Au Grand Palais, sous une pleine lune et d'immenses oiseaux en vol, Matthieu Blazy a réinventé le tailleur en tweed : épaules carrées, taille marquée, laçage dans le dos comme un corset. Sur le podium, un sac 2.55 ayant appartenu à Gabrielle Chanel elle-même, prêté par les archives. Le passé n'est plus un musée. C'est une boussole.

Miu Miu et Chloé. Chez Miu Miu, des tissus volontairement amidonnés et froissés, et Olivia Colman sur le podium. Chez Chloé, des cirés de pêcheur rouge cerise, jaune vif et rose translucide. La pluie devient élégante.

Louis Vuitton. Nicolas Ghesquière a fait flotter des pantalons de soie sous des tailleurs épurés, quelques jours après avoir reçu la Légion d'honneur à l'Élysée. Et chez Dior, Jonathan Anderson a confirmé sa légèreté, que nous avons racontée en détail sur le blog.

Ce que l'on retient

  • La main revient au centre : perles chez Celine et Loewe, cire d'abeille chez Hodakova pour transformer des tissus dormants.

  • Le froissé et le brut deviennent chic : l'imperfection n'est plus un défaut, c'est une signature.

  • La taille se marque à nouveau, du corset Chanel aux tailleurs ajustés.

  • L'accessoire devient bijou : minaudière en forme de cygne chez Dior, sacs en forme d'œuf chez Bulgari.

  • Les couleurs à garder : le vert olive, le rose ballerine, et l'or, toujours.

Le regard ODY

Le luxe traverse une saison difficile. En septembre, L'Oréal a même dépassé LVMH en Bourse. Et pourtant, Paris a choisi le spectacle, la lune, l'or et les oiseaux. Comme pour rappeler que la mode ne se mesure pas seulement en chiffres.

Ce que ce Fashion Month nous laisse, ce n'est pas une liste de pièces à acheter. C'est une permission : celle de porter ce qui nous raconte. Un tissu froissé qui a vécu. Un sac qui a une histoire. Une couleur qui nous ressemble.

Les podiums proposent. Les algorithmes répètent. Toi, tu choisis.

Le voyage continue. Pour suivre les coulisses des grandes capitales de la mode, retrouve Fashion Odyssée – Tome I, Paris, et le carnet d'inspiration ODY sur fashionodysse.com.

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