Paris, dernier acte : l'or, la nuit et l'audace

Neuf jours. Des dizaines de défilés. Une ville entière transformée en podium. Du 28 septembre au 6 octobre, Paris a refermé le grand mois de la mode avec ses collections printemps-été 2027. Et comme toujours, c'est ici que tout se décide.
Trois images restent. Une nuit dorée au Trocadéro. Un musée qui devient laboratoire. Et une nouvelle génération qui ose tout.
Saint Laurent : une nuit d'or sous la tour Eiffel
29 septembre, à la nuit tombée. Les jardins du Trocadéro. Face au podium, la tour Eiffel illuminée. Au-dessus, un lustre doré qui lui répond. Le décor est posé : ce soir, Saint Laurent ne parle qu'une seule langue. Celle de l'or.
Cinquante silhouettes. Quarante-neuf en or. Or byzantin, or pâle, or Renaissance, or Art déco, parfois mat, parfois presque brutal. Lamé, organza, guipure, brocart, et même du latex recouvert de feuille d'or. Anthony Vaccarello revisite les classiques de la maison : saharienne, trench, jupes portefeuille, smokings en hommage au Smoking de 1966. Ses propres codes sont là aussi : épaules affirmées, blousons amples, petits tailleurs bordés de fourrure.
Puis, pour le final, le noir. Une seule silhouette de velours. Là où l'or reflète, le noir absorbe. Les souvenirs d'Oran et de Marrakech, chers à Yves Saint Laurent, traversent toute la collection. Au premier rang, Rosé, Hailey Bieber, Rami Malek, Eddie Redmayne.
« Ce qui s'en va laisse parfois plus de lumière que ce qui demeure. »
Cette phrase, glissée à la fin du défilé, résonnait déjà comme un adieu. Le 9 octobre, Kering a confirmé le départ d'Anthony Vaccarello, dix ans après son arrivée. Ce soir doré au Trocadéro restera donc comme son dernier soleil chez Saint Laurent.
Le Palais de Tokyo, terrain de jeu des esprits libres
Si le Trocadéro a offert le spectacle, le Palais de Tokyo a offert l'audace. Béton brut, grande verrière, liberté totale : cette saison encore, le musée d'art contemporain a accueilli les propositions les plus créatives de la semaine.
Niccolò Pasqualetti sort de sa réserve. Le jeune créateur italien quitte sa palette habituelle pour du rose poudré, du sable, du rouge. Vestes en cuir et en daim à larges rayures, jupe en raphia, pantalons transparents, soutien-gorge façon armure argentée. Le masculin et le féminin se mélangent sans se poser de questions.
Duran Lantink signe chez Jean Paul Gaultier une collection joyeusement insolente. Tailleurs blancs impeccables, kilts et tartans réinventés en mini-jupes et robes ajourées. Et, pour finir, des clochettes cousues sur les derniers looks, inspirées d'un gant de 1989 retrouvé dans les tiroirs de la maison. Une mode qui fait du bruit, au sens propre.
Rick Owens, fidèle au lieu, y a présenté « Stone » : silhouettes rigides, robes en duchesse de soie, vestes en tulle superposé. Brut et sculptural.
Une saison de premières fois
Cette Fashion Week a aussi été celle des débuts. Julie Kegels, finaliste du Prix LVMH 2026, a ouvert le bal. Drew Henry a présenté sa première collection pour Courrèges, Kai Nesselrath la sienne pour Carven. Et le 6 octobre, Louis Vuitton a refermé la semaine. Le rideau tombe, la mode continue.
Ce que Fashion Odyssée retient
L'or n'est pas une tendance. C'est une lumière. Saint Laurent nous rappelle qu'une seule couleur, portée avec conviction, suffit à raconter une histoire. Et la jeune création nous rappelle qu'on a le droit d'oser, de mélanger, de faire du bruit.
À vous de jouer : une touche dorée, un tartan inattendu, une pièce qui sonne. Le monde est notre podium.
Commentaires